RDC-Rwanda: quelles avancées permet l’accord de paix entre les deux pays?

Le 27 juin 2025, un accord médié par les États-Unis et le Qatar est signé entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) pour mettre fin à la guerre dans l’est de la RDC. Bien qu’il marque une avancée notable, un rapport de l’ONU en questionne son efficacité réelle.

Cet accord fait suite à une offensive lancée en janvier 2025 par le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle Tutsi, soutenu par le Rwanda. Créé en 2012, le M23 affirme défendre les minorités Tutsi en RDC face à des rebelles Hutus, ayant rejoint la RDC à la suite du génocide rwandais. Face à sa progression, Kinshasa aurait sollicité Washington pour médiation. Présenté comme un « triomphe glorieux » par Donald Trump, l’accord vise à clore un conflit de plus de dix ans, responsable d’une des pires crises humanitaires de la décennie, malgré ses limites évidentes.

La « guerre du Kivu » correspond à la série de conflits qui fait rage dans l’est de la RDC depuis 2004. Elle s’inscrit dans la continuité des conflicts déclenchés après l’arrivée de rebelles hutus en RDC, à la suite du génocide des Tutsis en 1994, ayant déjà conduit aux deux guerres du Congo (1996-2003). Contrairement à ces conflits, celle-ci oppose la RDC à des milices armées, soutenues par Kigali. La phase actuelle du conflit correspond à l’incursion du M23 dans le Nord et Sud Kivu jusqu’à prendre plusieurs grandes villes de la région en 2025.

La guerre du Kivu reflète également des enjeux stratégiques. La RDC, qui possède des réserves de minerais rares estimées à environ 24 000 milliards de dollars, est sujette à de nombreuses convoitises par le Rwanda et les milices installées en RDC. Le bilan humain est catastrophique. L’ONU parle d’une crise humanitaire « sans précédent » : plus de 6 millions de morts  et près de 28 millions de personnes en insécurité alimentaire. 

C’est dans ce contexte que s’inscrit le nouvel accord de paix, qui prévoit le « désengagement, désarmement et intégration des groupes armés non étatiques. » En échange de garanties de sécurité, l’accord permettra aux États-Unis d’accéder à des minerais rares en RDC, tandis qu’un « cadre d’intégration régionale économique » est annoncé pour limiter l’exploitation illégale de minerais.

Mais les déséquilibres du texte suscitent des critiques. La demande de retrait des 7 000 soldats rwandais a été rejetée, tandis que celle visant à neutraliser le FDLR – un groupe armé hutu – a été acceptée. Le M23 n’est cité qu’une fois, contre 43 mentions pour le FDLR, alors même qu’il est l’acteur central de l’escalade. Cette asymétrie s’explique en partie par le fait que Kigali continue de nier tout soutien au M23, malgré de nombreuses preuves attestant du contraire. 

Une semaine après la signature de l’accord, un rapport confidentiel de l’ONU, se fondant sur des sources internes rwandaises, révèle que « l’objectif ultime de Kigali est de créer une région autonome dans l’est du Congo. » Il note par exemple que le M23, avec le soutien de Kigali, contrôle encore des fonctions administratives au Kivu, telles que la gestion des mines, refusant également tout retrait, en dépit de l’accord signé.

Ainsi, malgré une volonté accrue des partis à régler le conflit et des avancées majeures, l’efficacité de l’accord ne fait pas l’unanimité, de quoi présager pour l’instant, une continuation des tensions.

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