La Haine (1995) s’ouvre sur cette métaphore implacable : la chute est celle d’une jeunesse enfermée dans les cités, condamnée à tomber sans jamais pouvoir se rattraper. Cette image résume l’idée centrale du film : la violence n’est pas un accident, elle est le produit d’une fatalité sociale, née de l’histoire coloniale française et de ses refoulements. La cité, telle que Kassovitz la filme, n’est pas seulement un décor, c’est un espace clos, presque carcéral, quadrillé par les forces de l’ordre. Les personnages y tournent en rond, coincés entre les blocs de béton, les toits et les parkings, comme s’ils étaient pris
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