Le tumulte du monde ne s’arrête plus aux frontières terrestres. À mesure que les conflits se multiplient, se prolongent, se déplacent, la mer redevient un terrain central, à la fois stratégique et symbolique. Pour l’amiral Nicolas Vaujour, chef d’état-major de la Marine, il ne s’agit pas d’un simple déplacement du front : c’est une reconfiguration profonde des logiques de puissance. Là où l’on pensait stabilités, transit, communication, s’imposent désormais menaces, ruptures, frappes. La conflictualité contemporaine ne se contente plus de naître sur terre pour déborder en mer : elle prend racine directement dans les profondeurs océaniques, sur les câbles sous-marins,
...Il suffit parfois de changer de regard pour que la carte du monde se redessine. Pendant longtemps, l’Afrique a été traitée comme une périphérie : une zone à stabiliser, un terrain d’opérations extérieures, un réservoir de ressources plus qu’un espace stratégique en soi. Ce temps-là semble révolu. De la Corne de l’Afrique à la bande sahélo-soudanaise, le continent attire désormais toutes les attentions — et toutes les ambitions. Bases militaires, investissements d’infrastructure, soutien aux régimes, livraisons d’armement, influence religieuse, conquêtes symboliques : la guerre d’influence ne dit pas son nom, mais elle est bien là. Et ceux qui y participent
...Le terme revient, discret mais tenace, dans les discussions stratégiques contemporaines : recomposition. Ce n’est plus le monde d’avant, mais ce n’est pas encore un monde nouveau. Les grandes puissances, loin de s’opposer frontalement, avancent à tâtons dans un champ de tensions mouvant, entre récits concurrents, affirmations identitaires et renversements d’alliances. La puissance n’est plus une posture affichée. Elle est devenue une capacité à durer, à s’adapter, à raconter une continuité face au chaos. Et dans ce jeu incertain, quatre trajectoires se détachent : les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde, chacune cherchant à imposer sa vision de l’ordre
...Un passé qui ne passe pas Les relations entre l’Algérie et la France sont structurées par un legs mémoriel dont les usages politiques varient mais dont la charge reste constante. La guerre d’indépendance demeure le socle sur lequel le pouvoir algérien a construit sa légitimité. Elle constitue à ce jour, selon les termes employés, la seule « success story » nationale encore mobilisable comme récit fédérateur. En glorifiant les vétérans et en renforçant leur place dans la mémoire collective, les autorités ont transformé cette victoire historique en ressource politique permanente. Mais ce socle est devenu fragile. Le double effondrement du
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